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BD Kaamelott: L’Armée Du Nécromant | Question Critique.

En novembre 2006 sortait la première BD de ce qui sera une longue série: Kaamelott: L’Armée Du Nécromant. En 2006 Kaamelott en était toujours à sa diffusion en format court, et commençait à peine à avoir un fil rouge dans son troisième Livre. Ainsi, la possibilité offerte à Astier de faire une Bande Dessinée d’une cinquantaine de pages lui permettant d’explorer des pans de la saga inconnus jusqu’alors comme, l’aspect Fantasy de l’œuvre, était une réelle aubaine.

M6 avait au départ proposé qu’à l’instar de celles de leurs autres séries, les BD Kaamelott soient des BD planches par planches (un gag par planche), et soit écrit par une tiers personne. Evidemment, nous connaissons Monsieur Astier, il refusa. Il proposa plutôt d’écrire lui même les BD (une première pour lui), et que ce soit une grande maison d’édition de BD qui édite Kaamelott: Casterman, accompagné d’un dessinateur expérimenté flamand; Steven Dupré fassent la Bande Dessinée avec lui.

Et il est vrai que faire une BD parfaitement Fantasy de grande aventure, à la sauce Casterman, avec un dessinateur au style particulier de Steven Dupré a de quoi surprendre. Cela nous laisse une question, critique:

Alexandre Astier est-il arrivé à retranscrire le charme de la Série Kaamelott en BD ?


Vous l’aurez compris, la réponse n’est pas simple et relève évidemment d’une certaine subjectivité, toutefois, je vais malgré tout essayer de répondre à cette question, et de pourquoi pas, vous titiller la curiosité de lire l’ouvrage.

De quoi cela parle-t-il ?

L’histoire prend place durant le Livre I de Kaamelott (en effet la Table Ronde y est créée) , mais avant les tensions entre Arthur et Lancelot qui commenceront dans le Livre II.

Kaamelott subit des attaques de la part de morts vivants … qui assez inefficaces n’arrivent que par un ou deux. Bien que la situation n’ait pas l’air d’inquiéter les autre chevaliers, Bohort convainquit Arthur d’aller voir la source de ce mal … en découlera l’aventure la plus épique qu’il nous aura été donné de voir jusqu’ici.

Comment s’en sortent les dessins ?

Je ne suis absolument pas un fin connaisseur de la question. Mais il est vrai que le style des dessins de la BD (qui ne changeront bien sûr pas par la suite) a de quoi surprendre.

Extraits: L’Armée Du Nécromant.

Il est indéniable que les dessins sont très soignés, et le dessin “réaliste” colle avec l’esprit de la série qu’Alexandre Astier décrit comme “la réelle vie du Roi Arthur et de sa cour”. Seulement il est vrai qu’ils sont particuliers, peut-être un peu rudes. A titre personnel, ils m’ont plutôt plu, mais tout dépendra de vos goûts ainsi que de vos préférences.

Bien que le style visuel de la BD soit important, ne nous le cachons pas, si nous prenons des BD Kaamelott c’est surtout pour leur écriture.

Astier, un as de la grammaire BD ?

C’est évidemment le plus dur pour notre Alexandre Astier national. La Bande Dessinée s’écrit bien différemment des autres supports audiovisuels ou théâtraux.

Alors soyons honnête, cette BD ne révolutionne rien dans l’Art qu’est la BD. On pourrait même trouver la mise en scène un peu répétitive, à la limite du un peu plan plan, mais elle reste cependant très efficace !

La plupart des codes de BD classiques sont parfaitement respectés, on est très rarement perdus dans les actions (à part le scènes d’actions finales un peu brouillonnes). Petit procédé amusant à soulever, Alexandre Astier use de pas mal de cliff-hanger en fin de planche droite. Ce procédé était pas mal utilisé dans les sérials de l’époque, publiés semaine par semaine dans des numéros de magazine et devaient donc attiser la curiosité du lecteur pour qu’il rachète le numéro suivant la semaine d’après. On imagine qu’Astier s’est inconsciemment inspiré. On notera d’ailleurs que c’est aussi à partir de la Saison 3 de Kaamelott qu’Alexandre Astier aura usé de Cliff-Hanger, dans son dernier épisode notamment, date de parution coïncidant avec celle de la BD, je le rappelle.

Des dialogues aux personnages, nous croyons-nous dans Kaamelott ?

O-U-I.

Besoin de plus de développement ? Très bien.

Les dialogues tout d’abord, ils sont simplement similaires, et différents de ceux de la série, mais géniaux. N’y voyez pas une trop grande dithyrambe de ma part. Les dialogues sont surement plus littéraires que ceux de la série. Les personnages parlent plus. Cela fuse sans doute un peu moins, mais le format BD, en laissant les lecteurs et non les acteurs choisir le rythme, s’y prête parfaitement. Difficile de ne pas rire devant une remarque acerbe de Léodagan venant se glisser après une remarque paniquée de Bohort, un agacement marqué d’Arthur, ou encore devant une dissertation de Karadoc et Perceval au sujet des mirages auditifs. Je vous laisse vous délecter de ces derniers si vous ne les avez pas lu, ce serait criminel de vous les révéler.

Quant aux personnages, évidemment, leurs répliques leurs collent à la peau. Si pour un fan de la série ils seront parfaitement campés avec les voix des acteurs qui nous viendront immédiatement a l’esprit, il est peut-être vrai que cela sera moins le cas pour quelqu’un découvrant la BD. Et vient là selon moi le seul gros défaut de cette BD.

Les personnages et le contexte ne sont pas réellement présentés, et la plupart des blagues perdent en valeurs si nous ne connaissons pas la série. Il est vrai qu’il aurait été agréable que ces BD soient une bonne porte d’entrée pour les novices, seulement il est assez difficile de conseiller cette voie la pour entrer dans l’univers de mon point du vue.

Conclusion


Ce premier Tome des BD Kaamelott “L’armée du Nécromant” nous replonge parfaitement dans l’univers d’Alexandre Astier, et étend superbement bien l’univers, et plaira, malgré son style visuel particulier, à tous les fans de la Série voulant retrouver leurs personnages favoris dans des situations jamais vue jusque là.

Toutefois, la BD reste assez basique dans sa mise en scène (les suivantes sont beaucoup plus sophistiquées de ce côté là) , et perdra sûrement grandement de son intérêt pour les non-initiés.

Cette BD reste malgré tout une réussite pour une première d’Alexandre Astier, et nous ne saurions mieux vous conseiller que les BD pour patienter avant le film!

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